Santé des oiseaux : guide complet (perruches, perroquets et poules)
La santé des oiseaux de compagnie nécessite une attention particulière, car ces animaux masquent souvent les premiers signes de maladie. Si votre oiseau change de comportement, mange moins ou présente des troubles respiratoires, il est important d’agir rapidement.
Qu’il s’agisse de perruches, de perroquets ou de poules de compagnie, leurs besoins varient mais reposent sur des bases communes : alimentation adaptée, environnement sain et suivi vétérinaire régulier.
Dans ce guide, nous vous expliquons comment préserver la santé de vos oiseaux et reconnaître les signes d’alerte.
Si vous possédez des poules, consultez également notre guide complet sur la santé des poules de compagnie.
Adopter un perroquet :une démarche qui doit être réfléchie !
De par leur durée de vie, adopter un perroquet est souvent un engagement à long terme.
- Selon l’espèce, leur espérance de vie est très variable :
- Perruche ondulée : 8 à 12 ans
- Calopsitte : 12 à 20 ans
- Conure : 15 à 25 ans
- Gris du Gabon ou amazone : 30 à 50 ans, parfois plus
- Ara : 40 à 70 ans ou davantage
Ce sont des animaux sociaux, actifs et très intelligents qui nécessitent une attention constante pour préserver la santé des oiseaux. Un perroquet laissé seul développera rapidement des troubles comportementaux.
L’alimentation : la clé de la santé
Les maladies d’origine nutritionnelle sont encore bien trop fréquentes : surcharges hépatiques, athérosclérose, maladies respiratoires secondaires à des carences en vitA, immunodepression, picage….
Pour les éviter il n’y a pas de secret, il faut fournir à nos oiseaux un régimes équilibré, varié, pauvre en graisse et en sucre. Car contrairement aux idées reçues, un régime composé uniquement de graines est dangereux.
La base : les extrudés (pellets)
Les granulés extrudés doivent représenter 60 à 75 % de l’alimentation.
Ils sont formulés pour fournir une alimentation adaptée et contenant l’essentiel des besoins en vitamines, minéraux et protéines pour la santé des oiseaux.
Les légumes : indispensables chaque jour
Les légumes doivent représenter 15 à 25 % de la ration quotidienne. On préfèrera les légumes verts feuillus comme le chou frisé, les blettes, les chicons, ou encore les carottes, brocolis, courgettes, poivrons, petits pois….
Ils doivent être bien lavés et introduits progressivement.
Les fruits : avec modération
Les fruits sont plus sucrés et doivent représenter 10% de l’alimentation. La plupart de fruits peuvent être distribués : pomme, poire, mangue, banane, baies…
L’avocat est toxique et doit être strictement évité.
Les protéines végétales additionnelles : selon l’espèce
Selon l’espèce et la période de l’année, il peut être intéressant d’ajouter des légumineuses apporter des protéines. Il faut les distribuer bien cuites et ne pas en abuser : lentilles, pois chiches, quinoa
Les graines : uniquement en friandise
Les graines doivent rester une friandise occasionnelle car elles sont trop grasses pour la santé des oiseaux sédentaires. L’eau doit rester propre et fraîche. Selon l’espèce (Gris du Gabon), une complémentation en Calcium/vitD3 peut être nécessaire.
L’eau :
L’eau doit être distribuée chaque jour et rester bien propre et fraiche pour favoriser l’hydratation.
Les compléments :
- Calcium/vitD3 : certaines espèces (Gris du Gabon) ou certaines période de vie (ponte) peuvent nécessiter une complémentation mais ça n’est pas systématique. L’exposition aux UVB est par contre intéressante. N’hésitez pas à vous renseigner sur les besoins spécifiques de votre compagnon chez votre vétérinaire NAC.
- Iode : elle peut etre intéressante en complément chez les perruches ondulées se nourrissant exclusivement de graines afin d’éviter des goitres thyroidiens.
- Grit : il n’est pas conseillé chez les peruches et perroquets
Les aliments toxiques :
Voici une liste des principaux aliments à éviter : avocat, chocolat, caféine, théine, alcool, oignon, ail en excès, xylitol, aliments salés, gras, frits, moisissures, pâte crue, produits laitiers en quantité (mauvaise digestion du lactose), arachides de mauvaise qualité (risque d’aflatoxines)…
L’environnement : un facteur essentiel
Une cage adaptée
La cage ou la volière doit être un lieu de vie sécurisé et confortable pour votre oiseau.
Il n’existe pas de réglementation de taille, elle doit être la plus grande possible afin de lui permettre de battre des ailes et de se déplacer facilement.
Les perchoirs doivent être variés, idéalement en branches naturelles non traitées.
Évitez les cages en acier galvanisé (présence de zinc), ou les vielles cages dont la peinture s’écaille qui peuvent être responsables d’intoxication.
La plupart des oiseaux apprécient les bains ou la brumisation qui sont à proposer plusieurs fois par semaine.
Le fond de cage peut etre composé de papier changé quotidiennement. Evitez les litières minérales ou le sable.
La cage doit être nettoyée une fois par semaine avec un détergent, puis rincée et séchée.
Qualité de l’air et température
Les oiseaux sont très sensibles à la qualité de l’air pour leur santé des oiseaux. Placez la cage dans une pièce de vie, à l’abri des courants d’air et loin de la cuisine. Les fumées de cuisson, notamment les revêtements antiadhésifs chauffés, peuvent être mortelles. Évitez aussi la fumée de cigarette, les bougies parfumée, l’encens ou les sprays ménagers.
La température dans la pièce doit se situer entre 18 et 26°C. Il est conseillé de garder un rythme jour/nuit équilibré avec environ 10/12h de sommeil dans une zone calme et obscure.
La journée un accès à la lumière naturelle direct ou indirecte via des ampoule sUVB aide à la synthèse de la vit D3.
L’enrichissement et l’activité : des besoins fondamentaux
Les psittacidés ont besoin de stimulation quotidienne et ils doivent pouvoir sortir de leur cage 2 à 4 heures par jour minimum dans un environnement sécurisé afin de voler, explorer…
L’enrichissement par l’intermédiaire des jeux est indispensable et permet de prévenir l’ennui, le stress et les troubles du comportement comme le picage.
Proposez à votre compagnon différents types de jeux comme :
- Des jouets à détruire
- Des branches naturelles
- Des jeux de recherche de nourriture (foraging)
- Des parcours
- Des interactions sociales quotidiennes
- Des exercices d’apprentissage, d’éducation positive
Sécurité du foyer:
Les accidents domestiques sont une cause très fréquente de consultation vétérinaire. Voici quelques points d’attention afin de les prévenir :
- Les métaux lourds (plomb, zinc): éviter les objets galvanisés, les jouets douteux, rideaux/plombs de pêche. Préférez l’inox lorsque vous achetez un jouet.
- Les plantes toxiques: dieffenbachia, philodendron, poinsettia, laurier-rose, if, etc., sont à retirer de la pièce de vie
- Les fuites/échappées: attention à toujours sécuriser portes et fenêtres; Utilisez un harnais si vous souhaitez réaliser du vol encadré ou sortie votre oiseau. `
- Les autres animaux: introductions supervisées, pas de cohabitation libre avec carnivores.
- Les autres perroquets : faire une quarantaine de 30 à 45 jours lors de l’arrivée d’un nouvel oiseau, et testez le pour les maladies infectieuses.
Les maladies contagieuses chez les perroquets
Certaines maladies sont fréquentes chez les psittacidés et peuvent etre dépistées chez votre vétérinaire. N’hésitez pas à lui demander des informations lors de l’adoption d’un nouvel oiseau Certaines peuvent aussi être transmissibles à l’humain.
La chlamydiose :
C’est la bactérie Chlamydia psittaci qui est responsable de cette maladie transmissible à l’homme.
Les symptômes sont à la fois respiratoires et digestifs et se caractérisent par de l’abattement, des écoulement oculaires et nasaux, des conjonctivites, de la diarrhée verdâtre, et une hépatosplénomégalie à la radiographie.
Un dépistage par test PCR existe et le traitement repose sur l’administration d’antibiotiques.
La maladie du bec et des plumes (PBFD)
La contamination de cette maladie virale se fait par les contacts inter-oiseaux, le matériel partagé, et les poussières de plumes. Les particules virales sont très résistantes dans l’environnement.
Les oiseaux malades vont soit développer une forme aigue dans le jeune âge avec des mortalités rapides faisant suite à une apathie, anorexie, soit une forme chroniquesqui se caractérise par une dystrophies du plumage et une mue anormale, de l’immunosuppression, des lésions du bec.
Cette maladie ne se soigne pas et la meilleure façon de la prévenir est de réaliser des dépistage PCR avant introduction d’un nouvel oiseau.
Le polyomavirus aviaire
Ce virus touche principalement les élevages en créant des mortalités au nid chez les jeunes oiseaux non sevrés. Les oiseaux sevrés vont développer des retards de croissances, des organomégalies, des malformation des plumes. Les adultes sont souvent porteurs subcliniques. Il n’existe pas de traitement. La prévention par le dépistage reste le meilleur contrôle.
La PDD
Cette maladie virale appelée aussi bornavirose s’attaque aux nerfs et principalement ceux qui contrôlent le système digestif. Résultat : la nourriture ne circule plus normalement.
Les oiseaux atteints présentent de la maigreur malgré un appétit conservé, des régurgitations, ou encore des graines non digérées dans les fientes.
Chez certains oiseaux la maladie touche le système nerveux central et d’autres signes peuvent apparaître comme des difficultés à se percher, des pertes d’équilibre des tremblement et de la faiblesse
Le diagnostic n’est pas toujours simple à poser et repose sur plusieurs examens :
- des radiographies pour voir si l’estomac est dilaté
- des analyses (sérologiques et PCR) pour rechercher le virus
- parfois une biopsie
Malheureusement, il n’existe pas aujourd’hui de traitement qui guérisse cette maladie. Il est seulement possible de soulager l’animal des symptômes et traiter les complications.
Surveiller son oiseau au quotidien : les conseils de vétérinaires NAC
Les oiseaux ont une grande capacité à cacher leurs symptômes Si cette faculté les aide à survivre dans la nature, elle nous rend la tâche plus compliqué en captivité.
Signes cliniques sont parfois frustres et surtout se montrent tard dans l’évolution de la maladie. Lorsque vous en constatez un, une consultation très rapide est souvent indispensable.
Pour préserver la santé des oiseaux, surveillez :
- Baisse d’appétit
- Abattement
- Changement de comportement, diminution des vocalises
- Plumes hérissées, position en boule
- Respiration bec ouvert
- Mouvements de queue accentués
- Régurgitations/vomissements, diarrhée
- Soif/excrétion augmentées
- Chutes, tremblements
- Démangeaisons, auto-mutilation, modifications du plumage
- Perte de poids.
Afin d’éviter d’en arriver à ce stade, quelques gestes ou bonnes pratiques sont conseillés afin de vous permettre de limiter les risques de maladie ou d’intervenir à temps.
- Lors de l’adoption, réaliser des tests maladie complets
- Soigner les conditions d’environnement et d’alimentation
- Peser son oiseau sur une balance de cuisine 1 à 2 fois par semaine : il ne doit pas perdre plus de 10% de son poids
- Surveiller son comportement
- Surveiller ses fientes
- Contrôle annuel ou bisanuel complet : bilan sanguin, imagerie, analyse de fientes
L’adoption d’un oiseau ne s’improvise pas. Les perroquets et perruches sont des animaux exceptionnels, mais avec des besoins très spécifiques souvent mal connus. Notre équipe spécialisée en NAC est là pour vous accompagner pour :
- les bilans de santé
- le dépistage des maladies
- les conseils en alimentation
- les urgences
Un suivi adapté est la meilleure garantie d’une vie longue et d’une bonne santé des oiseaux.